Des castes... qui s'aiment pas
 
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 Gamil, le Loup argenté

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Mitsimraith



Messages : 38
Date d'inscription : 03/06/2014

MessageSujet: Gamil, le Loup argenté   Mer 4 Juin - 20:00

Chapitre 1 : Les retrouvailles

Le vent soufflait faisant ondoyer l'herbe de la plaine. Un œil dans son viseur, j'étais couché en haut d'une falaise. Je devais me concentrer, depuis trois mois déjà, je les cherchais. Ils m'avaient conduit sur une planète inconnue, aux confins de la galaxie. Mais maintenant, ils étaient là devant moi, quatre mando'ades, ils ne portaient pas leur casque, je souris, cette erreur leur sera fatale. Il n'en manquait plus qu'un, encore dans le vaisseau, un seul. Mon pouls augmentait, non, je devais rester calme, ce sont des mandos, je n'avais pas le droit à l'erreur. Chaque tir devait trouver sa cible. Je regardai le mouvement des feuilles d'un arbre, le vent se calmait, tant mieux. Le cinquième mando sortait du vaisseau, j'ajustai mon viseur, inspirai profondément. Visant sa tempe, j'empoignais fermement mon arme, je contemplais son visage. Je fus si stupéfait que j'en lâchais mon arme.
Ce n'était pas possible, ce visage, ce garçon, cela ne pouvait être lui, ce n'était pas possible. Tout cela était derrière moi, cette partie de mon existence n'était plus. Autrefois, je l'avais connu, je l'avais aimé comme un frère, autrefois j'étais Gamil, mais plus maintenant, maintenant j'étais le Loup argenté, maintenant je devais le tuer. Je repris mon arme, Mitsi discutait avec une femme. Je devais se concentrer, faire abstraction de mes sentiments, pourtant les souvenirs de ma vie précédente tentaient de se frayer un chemin jusqu'à moi.

Je me rappelai, j'étais debout, Mitsi pleurait, un soldat mort à ses pieds. Tout ce qui s'était passé avant n'était qu'un brouillard confus, avant j'avais été heureux, cependant je n'avais aucun souvenir distinct de cette époque, mon souvenir le plus ancien était l'enlèvement de Bygg. Je me rappelai le visage de l'infâme traître qui nous avait dénoncé, l'immonde vermine à cause de laquelle j'avais perdu mon frère. Je ramassai le blaster que Mitsi avait laissé tomber, à ce moment précis, je ne savais pas encore ce que j'allais en faire. Cependant la colère se répandait dans mes veines, la haine me dévorait tout entier. Je pointai le canon de mon arme sur cet être pathétique. Tout se passa si vite, en un instant je sus que j'allais le tuer, je savais que cela ne ramènerait pas Byg, mais j'en avais besoin, j'appuyai sur la détente, l'enfant s'effondra. Je sentis un profond soulagement se répandre en moi et à ma plus grande surprise, je ne sentis aucune culpabilité. Je savais que c'était un gosse qui nous avait vendu uniquement pour fuir la vie pénible qui l'attendait. Cependant, cela ne m'importait pas, il nous avait vendu, il était mort, c'était tout.
Pendant les jours qui suivirent, Mitsi resta seul dans notre cabane, à pleurnicher. Je cherchais tout ce que je pouvais trouver sur ces étranges soldats, très vite j'appris l'existence de la République et de l'Empire, un guerre se déroulait hors de Raxus, une guerre dont Bygg avait fait les frais. Avant je n'aurais jamais cru que de tels événements puisse impacter sur ma vie et pourtant Bygg avait disparu à cause de cette guerre. Mitsi finit par sortir et se mit à s’entraîner, cependant je le remarquai à peine. Seule une pensée m'obsédait : me venger. Depuis l'enlèvement de Bygg, je n'étais plus le même, une sourde douleur hantait mon cœur. Je voulais faire payer la République pour cet acte infâme. Chaque jour, chaque nuit, cette envie me dévorait. Ma vie tout entière se réduisait à ma vengeance. Si je dormais, si je mangeais, si je respirais c'était dans l'unique but de les faire souffrir. Comment la République pouvait se proclamer défenseur de la liberté, champion de la Lumière, alors qu'elle se permettait d'enlever et de tuer des innocents. Quelle hypocrisie ! Je devais y mettre fin, détruire ce système, punir tous ces gens qui vivent tranquillement, achetant leur existence paisible avec la vie de gens tels que Bygg.
Chaque jour je consultais divers documents, dans le but de trouver un moyen d'assouvir ma vengeance. Un jour que je contemplais un insigne impérial, une sensation très étrange me gagna. J'avais toujours voulu quitter Raxus, mais à ce moment, ce n'était plus une simple envie, ce n'était même pas un besoin, c'était devenu le but fondamental de mon existence, chacune des fibres de son corps réclamait que je quitte cette planète et que je rejoigne l'Empire. J'en parlai à Mitsi et tentai de le convaincre de façon plus ou moins rationnelle je l'avoue, mais celui ci refusa. Je ne pouvais pas en rester là, la nuit venue, je volai le blaster puis je partis. Je décidais d'abandonner Mitsi, il n'aurait pas compris de toute façon.
J'errai plusieurs heures entre les collines d'ordures, me fiant uniquement à mon instinct et finalement je trouvai un ferrailleur qui accepta d'échanger le blaster contre un trajet vers la planète impériale la plus proche. J'allais enfin pouvoir accomplir ma vengeance.

Enfin c'était sans compter sur la cupidité de mon chauffeur. À peine eût il pris mon blaster que le twileck le retourna contre moi.
"Au lieu d'une planète impériale, que dirais tu Nar Shadaa, un jeune humain comme toi me rapportera un prix honnête." Il éclata de rire.
La colère coulait dans mes veines, comment pouvait il oser ! J'avais envie de hurler. Mais cela ne m'avancerait à rien, ma mâchoire se crispait, mes muscles se contractaient. Et soudain je sus ce que j'avais à faire. Je m'avançais vers le twileck, un sourire aux lèvres.
"J'plaisante pas gamin, un pas de plus et je te tire dans la jambe."
Je continuais d'avancer, le twileck tira, enfin tenta de tirer, nul tir ne partit, l'étonnement se lisait sur son visage. J'avais l'impression de lire ses pensées sur son visage, enraillé, non, peu probable, la sécurité ! Trop tard, d'un uppercut bien placé le twileck tomba à la renverse. Je me jetai sur lui, je le frappais sans m'arrêter, mes poings saignaient mais ce n'était rien comparé au minable ferrailleur allongé sous moi. J'éclatais de rire tandis qu'il gémissait. Je l'étranglais, un rictus me tordait le visage, les yeux du twileck étaient exorbitées, il se débattait, mais ses forces l'abandonnaient et il finit par rendre son dernier souffle.
J'expirais, une bonne chose de faite. Je repris mon blaster et entrai dans le vaisseau du ferrailleur. Je parcourais la carte de la galaxie, je choisis une planète au hasard et fis décoller tant bien que mal ce vaisseau. Je ne saurais pas dire comment je sus quels boutons utiliser mais j'y arrivais et me mis en route.
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Mitsimraith



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MessageSujet: Re: Gamil, le Loup argenté   Mer 4 Juin - 20:03

Chapitre 2 : Le Loup Argenté

Je marchais depuis des heures déjà, je m'étais rendu en vaisseau jusqu'à cette planète puis l'avait quitté pour marcher au hasard. J'étais dans une ville à moitié en ruine, les bâtiments avaient l'air récent, de gigantesques immeubles, cependant tout était détruit. Les gravats encombraient la route. Les éclats de béton craquaient sous mes pieds. Chacun de mes pas résonnait dans cette ville morte. Chaque rue, chaque bâtiment ressemblait au précédent. Pourtant je marchais d'un pas vif et assuré, j'avais l'impression de savoir où j'allais.
Soudain je m'arrêtai devant moi la rue continuait, toute droite. À ma gauche, un grand boulevard s'étendait, je décidai de monter dans l'immeuble à ma droite. C'était un bâtiment comme tous les autres, hauts de plusieurs centaines de mètres, tout en béton et en verre, pourtant j'avais envie de pénétrer à l'intérieur. La façade s'était effondrée sur une dizaine d'étage, en escaladant les gravats j'accédai ainsi directement au deuxième étage. Je gravis ensuite les escaliers et après une longue montée j'accédais au 501e étage. Je m'arrêtai. Ce chiffre me plut, 501, c'est joli, je passai la porte. Une longue salle s'ouvrait devant moi et au fond un homme était agenouillé, contemplant l'extérieur avec son fusil à lunette. Je ressentis une haine profonde pour cet individu, c'est étrange de haïr un inconnu, pourtant il aurait pu égorger ma famille devant mes yeux que je l'aurais moins haïs. Je dégainai mon blaster et m'approchai silencieusement. Arrivé à un mètre de lui, je tendis mon blaster et visait sa tête, l'espace d'un instant, l'idée que je ne connaissais pas cet homme, que je n'avais aucune raison de tirer m'effleura l'esprit, mais très vite la haine prit le dessus. Je tirai. L'homme s'effondra. Je me rendai alors compte qu'il portait un masque. Je lui ôtai, il était bien plus jeune que je ne le croyais, presque aussi jeune que moi. La haine s'évapora et le regret emplit mon âme. Comment avais-je pu tuer si facilement ? Je me sentais salis, c'était mon troisième meurtre et sur ses trois j'avais tué deux innocents. Je me repris, non, ils n'étaient pas innocents, le premier nous avait trahi, Bygg était mort à cause de lui et celui-là ... je regardai le fusils à lunette, c'était un assassin, si je ne l'avais pas tué, il aurait tué quelqu'un d'autre. Je souris, je n'étais pas un monstre, j'étais un héros ! Soudain le comlink du mort s'activa.
"Erak, tu m'entends, Erak ?" J'entendis un soupir. "Ok, Loup argenté, ça te va ? La cible arrive, ne la loupe pas, elle fait parti d'un convoi, une fois la cible morte court, les walkers pilonneront ta position. Et n'oublie pas dans trois jours nous allons au bureau de recrutement impérial et accomplir un contrat de cette envergure te permettra sûrement d'intégrer les forces spéciales."
J'étais interdit, les forces spéciales, je ne croyais pas en ma chance, je n'avais qu'à accomplir cette mission puis me faire passer pour "Erak", je n'aimais pas ce nom, mais Loup argenté était un joli surnom. J'utiliserai son masque et ainsi personne n'aura connaissance de la supercherie et je pourrai enfin me venger de la république. Je pris le fusil, oubliant toutes mes belles pensées sur mon soit disant héroïsme. Je contemplais l'arme, presque intuitivement je callai la crosse sur mon épaule, posai le canon sur le trépied et contemplait le boulevard par la lunette de visée. Le maniement de cet arme m'était naturel, je ne m'étais jamais senti aussi complet, le fusil était une partie de mon être, je ressentais chacun de ses mécanismes, j'analysais la force du vent grâce aux diverses étoffes dispersées ça et là dans le boulevard et je savais comment ajuster mon tir en conséquence. À l'époque, je n'avais pas réalisé l'improbabilité de tous les événements qui m'avaient mené à cet endroit précis, à ce moment précis, mais maintenant je sais que tout cela, je le dois au cube, ce n'était pas le fruit du hasard, je n'étais pas doué à la naissance pour le maniement du fusils à lunettes. Le cube m'a offert ce don, le cube m'a offert la possibilité de rejoindre l'empire, le cube m'a donné le pouvoir et l'opportunité de me venger de la république et je lui en suis à jamais reconnaissant.
Je me rendis soudain compte d'une grosse lacune dans mon plan, je ne connaissais pas le visage de ma cible. Je voyais déjà le convoi s'engager dans le boulevard, dans une dizaine de minutes à peine ils seraient à portée de tir, je devais me décider et vite. Je lâchai mon arme et me précipitai sur le cadavre encore chaud du jeune Erak. Je le fouillai et après quelques minutes je trouvai ce que je cherchais, une photo. Je souris, je mémorisai ce visage et repris mon fusils. Je décidai tout d'abord me calmer, mes ennemis étaient à une très longues distances, je devais tirer entre deux battements de coeur, la moindre secousse pourrait dévier mon tir et me faire rater ma cible, je devais ralentir mon rythme cardiaque. Je me concentrai en fermant les yeux. Lorsque je fus suffisamment calme, je les rouvris, et me mis à chercher ma cible. Je la trouvai rapidement, il chevauchait une monture étrange, entouré d'une garde d'élite, je souris, elle ne lui serait pas d'un grand secours. Je me concentrai, mon tir devait être précis, je n'aurai le droit qu'à une chance, les walkers ne m'en donneraient pas plus. Je visai, le visage de ma cible était dans mon viseur, il riait, sûrement une blague d'un des membres de sa garde. Je tirai, son sourire se transforma en un rictus et il s'effondra. Ce n'était pas si compliqué que ça.
Cependant, au moment de lâcher mon arme, je me rendis compte du comportement étrange des gardes, ils firent descendre l'un des leurs et l'entourèrent pour l'emmener à l'abri, derrière un walker, délaissant le cadavre de la cible. Je savais que les walkers étaient en train de viser ma position et que dans un instant la façade exploserait dans un déluge de plasma. Cependant je craignis que ma cible eut utiliser un sosie et se soit déguisé en garde. Je pris le temps de viser et je tirai à nouveau, mon tir transperça l'épaule d'un garde et atteint celui qu'il tentai de protéger en pleine tête. Je poussai un cri de victoire. J'entendis alors une détonation, j'eus à peine le temps de lever les yeux de ma lunette et de voir les tirs des walkers que la façade explosa. Ils avaient tiré trop haut, ils me pensaient au somment de la tour et seul le sommet vola en éclat, cependant dans un terrible craquement toute la façade s'effondra. Le sol se fissura à un mètre de moi et je me sentis tomber. Je chutais, je voyais les étages défiler les uns après les autres. Je pris appui sur le sol et me jetai en avant, j'atterris brutalement, j'eus le souffle coupé. Je pris quelques instant pour reprendre mes esprits, l'effondrement de la façade avait soulevé un épais nuage de poussière, mais tant bien que mal je me dirigeai vers les escaliers. 497e étage, petite chute finalement. Je regagnai le 501e étage, si je voulais me faire passer pour Erak, je devais récupérer ces affaires personnelles. Je récupérai divers pass qui me seraient très utile, je regardai le masque à terre. Je le pris, à ce moment je choisis, Gamil n'était plus, j'étais le Loup argenté.
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Mitsimraith



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MessageSujet: Re: Gamil, le Loup argenté   Mer 4 Juin - 20:06

Chapitre 3 : Le front

Je toussai. Peu à peu, je reprenais conscience de mon corps. Chacune des parcelles de mon corps me faisait souffrir, hormis ma jambe, étrangement je ne la sentais plus. Péniblement j'ouvris les yeux, un nuage de poussière m'entourait. Je toussai à nouveau. Je ressentis une profonde douleur du côté droit, j'y portais ma main, au moins une côte brisée. Avec précaution, je soulevais la tête pour regarder ma jambe. La stupeur me saisit. Un bloc de béton était tombé sur moi, il comprimait. Je regardais autour de moi, la poussière était retombée, mon fusil était non loin de moi. Je tendis mon bras pour le récupérer, je ressentis une douleur du côté droit, j'en fis abstraction. M'aidant de mon fusil, je parvins à me redresser. Une fois assis, je l'utilisai tel un levier pour libérer ma jambe de ce piège. Après de nombreux échec, j'y parvins, mon cri de victoire se transforma rapidement en cri de douleur. En un instant, le sang avait recommencé à circuler dans ma jambe, je ressentis alors une intense douleur. Ma jambe était en miettes. Je me redressai tant bien que mal, je tentai avec optimisme de m'appuyer dessus, j'y renonçai rapidement. Calant la crosse sous mon épaule, je me servis de mon fusil comme d'une béquille. Je soupirais, la jambe gauche brisée, une ou deux côtes droites cassées, le résultat n'était pas brillant.
Je regardai au-dessus de moi. Le sol avait cédé sur au moins sept étages. Mais comment en étais-je arrivé là ? Je me rappelais m'être emparé du masque d'Erak et puis j'avais remarqué que les walkers m'avaient repérés et qu'ils étaient en train d'ajuster leur tir. Je n'aurais pas dû attendre avant de m'enfuir, une fois le nuage de poussière dissipé, j'étais devenu une cible facile. J'avais couru, sans me retourner, réflexe stupide j'en conviens, mais la peur s'était emparée de moi, je n'avais plus qu'une idée en tête : fuir. J'avais ignoré les escaliers, je souhaitais seulement m'éloigner des walkers et je savais que je n'aurai pu descendre plus de 500 étages en si peu de temps. Je courais le long du couloir, sans me retourner, je courais le plus vite possible. À ma plus grande joie, une passerelle reliait ce bâtiment à un autre. Cependant alors même que je m'en réjouissais, j'avais entendu deux détonations, les walkers avaient tiré. Je m'étais élancé, j'entendis le bâtiment céder sous l'impact, ces deux tirs avaient eu raison de lui, il s'écroulait et avec lui il emmenait la passerelle sur laquelle j'étais. Plus j'avançais, plus la passerelle formait une angle inquiétant avec le sol, pour finir j'avais sauté en avant et m'était accroché à l'autre bâtiment. Je m'y étais hissé. Manque de chance, le sol n'étais plus assez résistant et il céda alors que j'avais à peine fait deux pas. Voilà comment je me retrouvais sept étages plus bas avec une jambe et deux côtés cassées.
Je fis l'inventaire de mes possibilités, je devais rejoindre l'avant poste impérial le plus proche, mais je n'avais pas la moindre idée d'où il pouvait se trouver. Je me souvins qu'Erak possédait une holocarte des environs, je l'activai, il y avait un point d'extraction, je souris. Malheureusement, dans mon état il me faudrait près de deux jours pour le rejoindre et je doute que l'on m'attende si longtemps. J'analysais donc la carte et décidai que le plus simple serait de rejoindre un avant poste situé à environ trois jours de marche, mais je devrais traverser la ligne de front. Je soupirais, en même temps avais-je réellement le choix, si je voulais être au bureau de recrutement dans les temps voulus, j'y étais obligé.

La plus grande partie du trajet se fit sans encombres, la majorité des soldats étaient regroupés sur le front, je n'eus qu'à éviter quelques convois de ravitaillement. J'entendis la ligne de front bien avant de la voir, les explosions retentissaient. Très rapidement je m'habituais à voir passer des tirs d'artillerie qui venaient s'écraser au sommet des buildings. De nombreux chasseurs combattaient à basse altitude, afin d'assurer la domination du ciel et de permettre aux bombardiers d'officier sans gêne. Je sentais une odeur âcre de corps brûlé qui imprégnait les rues. Et puis je la vis, plusieurs kilomètres de néant, seulement des gravats, du béton pulvérisé, voir fondu sous les efforts conjugués de l'artillerie et des bombardiers, un immense champ de ruine et de crevasse. Je m'approchais discrètement, ne s'attendant pas à une attaque de ce côté, la surveillance y était faible. Plusieurs rangées de tranchées creusées à la hâte renfermaient nombre de soldats, derrière eux, l'artillerie crachait un feu ininterrompu. Rien n'est comparable à ce spectacle, une oeuvre de parfaite destruction. La folie en action, la mort omniprésente et ces canons qui vomissaient en continu. Les lignes des défenseurs étaient elles aussi pilonnées, mais les troupes protégées par d'immenses boucliers d'énergie, semblaient ne pas s'en formaliser. Régulièrement, les tirs passaient par dessus les boucliers et venaient s'écraser sur les bâtiments à l'arrière.
La tension montait dans les rangs des soldats, quelque chose allait se passer, mais je n'aurais su dire quoi. Soudain l'un d'eux se leva et cria. Suivant son cri, les boucliers d'énergie se désactivèrent et les troupes se lancèrent à l'assaut. J'étais abasourdi, comment des hommes pouvaient se lancer avec tant d'ardeur à une mort certaine. Mais j'y vis une ouverture, ma seule chance de rejoindre les lignes impériales, j'allai profiter de ce chaos. Seuls les deux premières tranchées étaient parti à l'assaut, d'autant qu'avec ma jambe, je ne pouvais courir après eux. C'est alors que je remarquai un speeder en arrière des lignes, je me dirigeais vers lui. J'évitais les quelques sentinelles, qui surveillaient l'arrière des lignes, et finalement je me hissai avec difficulté sur le speeder. Je le démarrai et fonçai vers les lignes impériales, je passai les lignes des défenseurs sans difficulté, j'imagine que le spectacle d'un gamin d'une quinzaine d'années chevauchant un speeder et traversant les tranchées en hurlant à la charge, les aura tellement déconcerté qu'ils n'avaient même pas pensé à me tirer dessus. Je filai à toute vitesse, je me retrouvai à portée de tir des troupes, je tirai. Je n'espérais pas tant faire des dégâts dans leur rang que me signaler comme leur ennemi et par là même comme allié de l'empire. Une dizaine de soldats périrent avant de comprendre ce qu'il se passait. Ils s'arrêtèrent et tournèrent leurs armes vers moi, grave erreur, leur contingent ce fit réduire en miette par l'artillerie impériale. Je continuais mon chemin vers les lignes impériales, je savais que je serais bientôt hors de danger, mais soudain je remarquai que le feu nourrit de l'artillerie adverse s'était arrêté, je me retournai, les canons ajustaient leur cible, je lançais mon speeder à la limite de ces capacités, zigzagant le plus possible. Le pilotage d'un speeder dans mon état dans un champ de ruine, n'était déjà pas des plus simple, mais maintenant que je devais esquiver les éventuels tirs d'artillerie, cela devenait une pure folie. Cependant je compris vite que je n'étais pas la cible de ce pilonnage, les boucliers impériaux s'abaissèrent et une vague de soldat parti à la charge. Les voyant arriver, j'arrêtais mon speeder et levai les bras, les soldats passèrent sans me regarder, seul l'un d'eux s'arrêta, monta à l'arrière de mon speeder et me cria.
"Fonce ! Faut vraiment être un putain d'abruti pour arrêter son speeder sous pilonnage de l'artillerie."
Je conduisis le speeder jusqu'aux lignes impériales, me plaquant le canon d'un blaster à l'arrière du crâne, le soldat s'adressa à moi.
"Bien maintenant tu vas gentiment descendre de ton engin et on va discuter avec le commandant le pourquoi du comment de ce que fout un chasseur de primes en plein milieu d'un champ de bataille sur un speeder ennemi."
J'obtempérai, au fond parler au commandant était ce que je souhaitais faire également. Je descendis avec difficulté de mon speeder, me servant de nouveau de mon fusil comme d'une béquille.
"Bah, ça a pas l'air joli, joli tout ça, on va plutôt passer par l'infirmerie d'abord, ce serait dommage que tu clampses en plein milieu de ton debriefing."
Je bredouillais que je n'avais pas besoin de soin et que je souhaitais voir le commandement, mais mes forces m'abandonnaient, je ne m'étais pas rendu compte que j'étais si épuisé. Il faut dire que ma douleur à la jambe m'empêchait de dormir convenablement depuis près de trois jours déjà.

Le soldat me conduisit ainsi à l'infirmerie, les souvenirs suivants restent flous dans mon esprit, je me rappelle seulement la douleur et le sommeil. Je suis resté plusieurs jours dans cet état et finalement.
"Vous m'aviez dit qu'il était réveillé, vous trouvez qu'il est réveillé là, j'ai déjà vu des betteraves plus expressives."
Une voix grave résonnait dans ma tête et péniblement j'ouvris les yeux.
"Non, regardez commandant, regardez le, il ouvre les yeux, il est conscient.
- Mouais, vaudrait mieux pour vous qu'il ne soit pas trop abruti par les antidouleur.
- Aucune crainte, commandant, nous avons stoppé les médicaments ce matin.
- Bien, alors dis moi mon garçon, qui es-tu et que faisais-tu au beau milieu de mon champ de bataille ?"
J'avais du mal à ordonner mes pensées, tout se mélangeait, je parvins cependant à articuler un nom : Erak.
" Erak, connais pas. C'est ton nom ou encore un de ces dialectes à deux ronds, dis petit, tu parles ma langue au moins ?
- Erak ... Je suis ... Erak.
- Bah tant mieux pour toi, petit, mais ça me dit pas grand chose à moi, eh petit, petit, ..."
Je sombrais à nouveau dans le sommeil.

Le commandant avait fait une recherche par l'intermédiaire d'un sous officier sur moi. Il apprit ainsi que je m'étais pas présenté à un rendez vous au bureau de recrutement de l'armée de l'impériale. Il apprit également le contenu de mon contrat et lors de ces visites suivantes je lus un certain respect dans son regard, je ne savais toujours pas exactement quel avait été ma victime mais visiblement ce n'était pas un paysan.
Trois jours après mon réveil, il pénétra dans l'infirmerie d'un air grave.
"Petit, il faut qu'on cause."
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Mitsimraith



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MessageSujet: Re: Gamil, le Loup argenté   Mer 4 Juin - 20:07

Chapitre 4 : Premier contrat

Le commandant me regardait de ses yeux sombres. Je me demandai de quoi il voulait me parler et surtout ce qu'il pouvait y avoir de si grave pour qu'il affiche une telle mine.
" Ce que tu as fait, l'homme que tu as abattu, bah ça en a surpris plus d'un. Au cas où ton père te l'ait pas dit, c'est quand même le ministre de la guerre que t'as eu. Il venait sur le front pour redonner le morale à ces troupes et là paf un tir en pleine tronche. On peut dire que ça a foutu un sacré bordel dans leurs rangs et que ça nous a permis de gagner pas mal de terrain."
Le sourire qu'il affichait disparut soudainement.
" Sauf que petit, un boulot comme ça, ça attire l'attention de gens qui ... comment dire, des gens pas forcement fréquentables. Crois pas que ce soit pas une bonne chose, si tu veux devenir un vrai agent impérial tu devras passer par eux, mais il faut pas oublier de s'en méfier de ces gens là. Si je te dis ça, petit, c'est que tu me plais bien et que ça m'attristerait que tu finisses comme tout ces jeunes blancs-becs qui se font trucider dans leur lutte de pouvoir stupide. N'oublies jamais que pour eux t'es qu'un outils, rien d'autre, tu n'as aucune autre véritable valeur que celle du pouvoir que tu pourras leur permettre d'acquérir, ne l'oublies jamais. Surtout que ton père, bah, ça a l'air de lui plaire le petit jeu de séduction qu'on lui joue et je doute qu'il puisse t'aider si ça tourne mal. Alors méfies toi, tout le temps de tout, sinon tu tiendras pas deux secondes."
Je regardais avec étonnement le commandement, il afficha un sourire amère, se leva, bredouilla un "au revoir" avant de partir. Après une courte hésitation, il se retourna.
" Cela me semble évident, mais au cas où, je précise, nous n'avons jamais eu cette conversation."
Son discours m'intriguait, je me demandais qui était ces gens auxquels il faisait allusion et ce qu'ils pouvaient m'apporter. Me permettraient-ils d'assouvir ma vengeance ? Et quel était ce jeu de séduction auquel mon père ... mon père, la terreur s'empara de moi, je touchai mon visage, mon masque, où était-il ? Sans lui mon "père" verrait que je n'étais pas celui que je prétendais être et tout mon plan échouerait.

Je passai toute la journée à échafauder des plans afin de me permettre de survivre à ma rencontre avec le père d'Erak et finalement lorsque le soleil se coucha, je vis arriver le commandant en compagnie d'un homme, habillé comme un paysan et d'une femme richement vêtue. Je m'assis sur mon lit. Le commandant s'arrêta à quelques mètres de moi et me désigna de la main.
" Voici le prodige que vous souhaitez rencontrer."
Le paysan regardait autour de lui, comme à la recherche de quelqu'un et me fixa après avoir entendu les mots du commandant. Soudain, je sus quoi faire, la solution était si simple, comment avais je pu ne pas y songer plus tôt, je me levai, m'approchai d'eux, saisis un scalpel sur une table à proximité et alors que l'homme articula un "Mais ...", je lui enfonçai le scalpel en travers de la gorge. Le reste de sa phrase se perdit dans des borborygmes, du sang coula de sa plaie et de sa bouche, il tomba à genou, je maintins ma prise. Alors qu'il rendait l'âme, je crus voir un "pourquoi" se dessiner sur ses lèvres, je souris.
"C'est la dernière fois que tu manques de me faire tuer."
Je retirai ma lame d'un geste vif, il s'écroula à terre, mort, je reposai le scalpel encore rouge du sang de ma victime sur la table où je l'avais pris et retournai m'asseoir sur mon lit, impassible. J'avais pris une vie, encore une, pourtant cela ne me faisait presque plus rien, pire cela devenait naturel, mais cela n'avait plus d'importance, les remords ne feraient que me ralentir, alors je ne pleurai pas leur absence. La femme éclata de rire, je remarquai alors seulement son teint crayeux et les nervures sombres qui parcouraient son visage.
" Il me plait en tout cas votre prodige."
Je lus du dégoût dans les yeux du commandant, je lui souris de mon air le plus innocent, il détourna le regard et marmonna.
"Je crois en effet que vous allez former une bonne équipe."

Le commandant nous amena dans son bureau, enfin si l'on peut appeler un bureau une petite pièce monté en toute hâte dans un avant poste impérial, et nous laissa seuls la femme et moi. Elle s'installa sur le siège du commandant et me fis signe de m'asseoir. Je la regardais, ou plutôt je la contemplais. Sa beauté me soufflait, elle portait ses long cheveux sombre en un cardigan serré maintenu par deux solides épingles en métal. Elle me regardait de ses yeux d'un pourpre irréel, son regard acéré me transperçait, j'avait l'impression qu'elle pouvait lire au plus profond de moi. Son teint d'un blanc maladif strié de nervures sombres, loin de l'enlaidir, la rendait d'autant plus impressionnante. Soudain elle me sourit, dévoilant ses dents d'un blanc éclatant jurant avec le rouge écarlate de ses lèvres. Elle se mit alors à parler, sa voix suave ne rompant en rien la beauté de l'instant.
" Jolie prestation tout à l'heure, tu as eu raison, l'échec n'est pas tolérable, d'autant plus de la part des membres de ta propre famille."
J'acquiesçai à sa remarque.
" Je suis heureuse que tu respectes cette ligne de conduite, la victoire avant tout, voilà ce qui fait un bon agent, il mène à sa mission à bien, quelle qu'en soit les conséquences. Seulement vois tu, il y a certaines personnes qui ne se montrent pas aussi raisonnables. Mon apprenti par exemple."
Elle émis un petit rire aigue et se leva, poursuivant son monologue en parcourant la pièce.
" Il y a quelques semaines, l'un de mes serviteurs a capturé une jeune padawan, seulement mon apprenti, séduit par la petite pucelle, souhaite la faire évader et partir avec elle ce soir. Pire, il pense que je n'ai rien vu venir."
Elle éclata de rire.
" Tu vas lui montrer ce qu'il en coûte de prendre une dark pour une imbécile. Montre à ce jeune irréfléchi le prix à payer pour fraterniser avec l'ennemi. Tu vas l'attendre ce soir et exécuter la jouvencelle sous ses yeux, alors qu'il viendra pour la sauver."
Les yeux exorbités, la femme semblait jouir du plaisir que lui procurera cette acte, elle repaissait de la douleur que ressentirai son apprenti. Je lisais dans son regard la soif de sang inextinguible qui la tenaillai. Je souris, je ne savais pas si je le faisais pour lui faire plaisir, parce que son bonheur était si extériorisé qu'il débordait sur moi, ou simplement si cela me faisait plaisir à moi aussi. Un peu de tout cela je suppose.
" Si tu réussis, j'aurai une autre mission à te confier. Maintenant va, un speeder t'attend dehors pour t'emmener à destination. Fais comme tu le souhaites, mais n'échoue pas."
Elle avait détaché les derniers mots, j'avais compris la menace, un échec signifiait la mort. Peu m'importait, s'il fallait tuer une padawan pour assouvir ma vengeance, je tuerai une padawan. Je me levai.
" Je n'échouerai pas."
Je m'inclinai devant elle et m'apprêtai à sortir avant qu'elle ne m'arrête.
" Une dernière chose, que penses-tu du commandant de mes troupes ?
- C'est un bon commandant, il est juste avec ses hommes et ils le respectent en retour. Cependant, il ne vous fait en aucun cas confiance, il ne vous respecte pas. Il vous craint, c'est sûr, mais il vous considère comme une menace et non comme une supérieure hiérarchique.
- Et que ferais-tu à ma place ?
- Je le tuerai, en prétextant je ne sais quel prétexte infâmant afin de lui enlever la sympathie de ses hommes et je le remplacerai par un commandant acquis à votre cause.
- Heureuse que nous soyons d'accord, tu peux te retirer."
Alors que je sortait du bureau, je croisai le commandant, je lui souris, il grimaça un sourire en retour.
" La femme souhaite vous voir."
Il sembla tout d'abord inquiet, avant de reprendre contenance.
" Rien de grave au moins ?
- Non, non, rien de très important, deux trois précisions à apporter, c'est tout."
Je m'éloignais en souriant, le commandant rejoignait la dark et moi je prenais un speeder pour me rendre sur les lieux de mon prochain forfait.
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MessageSujet: Re: Gamil, le Loup argenté   Mar 17 Juin - 8:40

Chapitre 5 : La prison


Les précédents propriétaires devaient connaître le goût des siths pour la démesure. La prison qui s'élevait devant moi était un gigantesque bâtiment constitué de plusieurs flèches qui s'enfonçaient dans les nuages entourant un large tour centrale qui ne souffrait aucune comparaison avec les immeubles alentour. C'était une prison impériale, écrasant de sa puissance les autres édifices, démonstration terrifiante de l'acharnement avec lequel ils maintiendront l'ordre dans leur nouvelle possession.
Cependant, j'avançais, le regard résolu, nullement impressionné, je savais ce qui se jouait, je savais ce que je risquais si j'étais incapable de remplir ma mission ou de tenir ma couverture, je devais rester concentrer. Mon entrevue avec la sith m'avait fait rentrer dans cette guerre qui dévastait la galaxie, mais au delà de ça, l'acte que je m'apprêtai à commettre allait me faire entrer dans un conflit plus ancien encore : la guerre entre les jedi et les siths. Je savais si peu de choses sur eux, seulement quelques bribes arrachées à divers documents retrouvés sur Raxus, mais je savais que je devais bien plus me méfier de la sith que de ma cible. Je grimpais lentement les marches pour accéder à l'entrée de la prison, ma peur faisait battre mon coeur mais je restais maître de moi même. Je présentai mon laissez-passer et pénétrai dans la prison.
L'hospitalité de la prison me surpris, même en faisant abstraction des immondices inhérentes aux prisons militaire en temps de guerre, les conditions de vie étaient misérables. Les prisonniers semblaient livrés à eux même, leur visage émacié et leurs vêtements en loques me faisaient même me demander si un garde passait afin de permettre aux détenus de se nourrir ou de se vêtir. Nombre de prisonniers présentaient des traces de violences physiques. Je me questionnais alors brièvement sur le taux de mortalité de cette prison, entre les maladies, la faim, les blessures non soignées et rats womps qui circulaient ça et là tout autant capable de vous bouffer un morceau qui dépasse que votre codétenu affamé. Le regard brisé des prisonniers m'indiqua qu'eux aussi avaient conscience de leur brève espérance de vie.
Un sourire ironique se dessina sur mes lèvres. Sûrement de pauvres gens capturés alors qu'ils tentaient de défendre leur patrie, tous condamnés à une mort infâme par le désintérêt des impériaux, préférant user leurs fonds pour l'effort de guerre que pour assurer la survie de leurs prisonniers. Je ricanai, ils avaient choisi le mauvais camp, pas de chance.
Poursuivant ma route vers ma cible, j'arrivai dans les sous sols de la tour principale, je découvris un tout autre aspect de la prison. Les détenus de cette partie du bâtiment semblaient avoir une plus grande valeur aux yeux des impériaux. Leurs blessures, plus nombreuses que celles des précédents prisonniers, n'étaient pas dû à une soif de violence mais à une attention toute particulière. Ils étaient torturés car ils savaient quelque chose d'important. Leur cellule était bien plus accueillante que celles des étages précédents, cependant on lisait dans leur regard que leurs conditions de détention étaient bien pire. J'admirais ce travail, faire perdre toute volonté à un homme, le briser et réussir pourtant à lui faire garder l'espoir de s'en sortir, lui laisser à peine assez d'envie de vivre pour qu'il espère et suffisamment peu pour qu'il parle, le faire renoncer à tout ce qui avait de l'importance pour lui au profit des gens qu'il hait le plus dans la galaxie. J'avais devant mes yeux certains de ces chef-d'oeuvres encore inachevés, des trésors d'ingéniosité qui allaient bientôt être révélés. Je ne pouvais m'empêcher de sourire devant de telles splendeurs.
Je poursuivis mon chemin. Plus je m'enfonçais dans les entrailles de la prison, moins elle me semblait humide et crasseuse, arrivé devant le dernier escalier, l'on pouvait même la comparer à une prison républicaine. Je descendis l'escalier, mon coeur accéléra, je me rapprochais de ma cible, elle n'était plus qu'à quelques mètres. Enfin je débouchai sur une grande pièce totalement nue avec au centre un faisceau d'un bleu éclatant et au centre de ce faisceau, une jeune fille, plus jeune que moi de peut être un ou deux ans. Je la regardai l'air étonné, elle fit de même puis sourit tristement.
"Alors c'est comme ça que ça va se finir ... Eh bien je serai forte impérial, tu ne me verras pas supplier ta clémence, il n'y a pas de mort, il y a la Force."
Je souris, réprimant un ricanement. Elle ne voulait pas me supplier pourtant sa voix tremblait sous l'émotion, elle voulait se faire passer pour un jedi alors qu'elle n'était qu'une gamine effrayée par ce qui allait se passer.
"Ne t'inquiètes pas, ton heure n'est pas encore venue." Je souris plus largement. "Même si elle ne saurait tarder."
Je regardai la padawan, je ne parvins pas à déchiffrer son regard, alors je poursuivis.
"Tu crois sans doute que ton beau petit chevalier sith repenti viendra te sauver, bah dommage pour toi, c'est justement pour ça que je suis là. Sa maîtresse a découvert votre petit manège et pour vous punir, elle souhaite que je t'assassine devant ses yeux, histoire qu'il prenne un peu de plomb dans la tête."
Elle restait muette, mais je voyais qu'elle retenait ses larmes à grande peine. Je souris, elle savait ce qui l'attendait, je n'avais rien d'autre à ajouter, je pris une chaise, m'assit près d'elle, mon blaster à la main, elle restait silencieuse.
Puis une petite voix se faufila dans mon esprit, une voix de petite fille, une voix qui réveilla la peur qui sommeillait en mon coeur.
"C'est un piège."
Je secouai ma tête et ignorai la voix, mais elle insista.
"C'est un piège, les siths acquièrent leur puissance en puisant dans leur peur et leur colère. Tu vas tuer la fille, l'apprenti gagnera en puissance et te tuera. La sith se sert de toi."
Je pris ma tête dans mes mains, me levai repoussant la chaise long derrière moi, me tournai vers la padawan, la colère déformant mon visage, la mâchoire serrée et hurlai.
"Oui, je sais, bien sûr que je le sais, mais tu veux que je fasse quoi ? Je suis plus assuré de mourir si je ne le fais pas que si je le fais !"
Je me rendis compte qu'en effet, je le savais, si je tuais la padawan devant l'apprenti, l'apprenti me tuerait et la sith le récompenserait. Je regardai la padawan, elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, cela ne me mit que plus en colère, je lui assénai un coup de crosse à la mâchoire. Elle couina, le sang envahit sa bouche, elle me le cracha à la figure. J'éclatai de rire.
"Il t'a protégé, c'est ça ? C'est pour ça que personne ne t'a touché, que tu n'as pas de blessures ? La pauvre petite padawan protégée par son beau chevalier sith, ça ferait un joli compte pour enfant ça."
Je riais. Elle me regardait les yeux aux bords des larmes et murmura.
"Il m'aime.
- Peut être mais il n'est pas là."
J'abattis un second coup de crosse sur le visage de la fille quand une voix puissante résonna dans la salle.
"Tu te trompes, je suis là."
Un homme de près de deux mètres de haut se tenait dans l'encablure de la porte, la mâchoire serrée, la tête légèrement baissée, je lisais la haine dans son regard. Les bras le long du corps, les paumes vers le haut, un murmure à mon oreille.
"Il va t'attaquer."
Ecoutant seulement mes réflexes, je plaçai le canon de mon arme sur la tempe de la prisonnière, je sentis le sith hésiter, je souris, j'avais gagné.
"Tu vas te calmer maintenant, à moins que tu penses que ta foudre me mette hors combat avant que j'ai le temps d'appuyer sur la détente."
Il grogna, puis me répondit de sa voix caverneuse.
"Nous sommes dans une impasse visiblement. Ecoute, agent, laisse nous partir et je ne te ferai aucun mal."
Je le regardai puis éclatai de rire.
"Et je suis sensé te faire confiance ? C'est elle qui a les beaux yeux, pas toi."
Prenant sur lui, le sith reprit la parole.
"Je suis prêt à tout pour qu'elle reste en vie, y compris à te laisser respirer. Alors n'abuse pas de ma générosité. Si c'est ma maîtresse qui t'inquiète, dis lui que nous étions déjà parti lorsque tu es arrivé."
Prêt à tout, un murmure à mon oreille et une idée atroce fit son chemin dans mon esprit. Un sourire sadique déforma mon visage.
"Tu es prêt à tout pour la garder en vie ? Bien, alors donne toi la mort, ensuite je la laisserai partir."
La padawan hurla. L'apprenti regarda son sabre, il me regarda, il grimaça.
"Comment puis je savoir que tu tiendras parole ?
- Tu ne le peux pas. Je peux te le promettre, mais ce n'est pas pour cela que je le ferai. Cependant, tu as le choix, c'est soit ça, soit je la tue sur le champ.
- Je te tuerai si tu fais ça."
Je haussai les épaules.
"La vie c'est très surfait de toute façon. Alors choisis tues toi et je dirai à ta maîtresse que la padawan t'as assassiné pour s'échapper en profitant de ta naïveté ou je la tue sur le champ."
La fille tenta de le raisonner, mais lorsque je le vis contempler son sabre, je sus que j'avais gagné. Dans un murmure il prononça ses dernières paroles.
"Mon amour, je suis désolé, je fais ça pour toi."
Il alluma son sabre qui transperça son coeur, il s'effondra à terre. Je me retournai vers la padawan, des larmes ruisselaient le long de ses joues, la haine se lisait dans son regard. Je lui souris, le canon de mon arme toujours braqué sur son front.
"Il est mignon ton copain."
J'éclatai de rire.
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MessageSujet: Re: Gamil, le Loup argenté   Jeu 24 Sep - 12:24

Chapitre 6 : Remords

"Suicidé !?" La stupéfaction le disputait à la colère. La sith était hors d'elle, son apprenti avait mis fin à ses jours à cause d'une pauvre petite pucelle. J'avoue ne pas avoir donné une version exacte de la vérité, lui annoncer mon chantage et admettre par là même mon échec m'aurait conduit à une fin rapide. Alors j'avais menti, j'étais resté calme, prenant mon air le plus détaché et lui avait annoncé, qu'horrifié par le meurtre gratuit de sa bien-aimée, l'apprenti avait choisi de se donner la mort.
Je savais qu'il s'agissait là d'un pari risqué, que si le moindre éclat de doute pointait en mon regard, je me condamnerai plus sûrement que par l'aveu de mon échec. Alors je restais stoïque tandis que la sith me jaugeait du regard. Elle, si calme pendant mon récit, entra subitement dans une rage folle, jamais je n’aurais cru qu’elle puisse à ce point perdre le contrôle d’elle-même. Je n'aurais su dire alors si elle me croyait ou non, une seule chose était sûre, elle était ivre de colère. Elle avait placé tant d'espoir en ce jeune homme, mais le dernier plan qu’elle avait échafaudé le conduisit à sa perte, chose dont je n’étais pas fâché, je préférais de loin sa mort à la mienne.
Et j’étais là, vivant, debout devant elle, impassible, à la regarder exploser devant moi. L'air se faisait lourd, mon corps tout entier me piquait. Et elle était là, assise face à moi, ses mains crispées telles des serres se couvraient de minces éclats de lumières, son visage si beau quelques minutes auparavant devenait terrifiant, les nervures sombres parcourant finement son visage devenaient saillantes, mais le pire était ses yeux, deux yeux rouges qui me fixaient avec un regard de dément. J'avais l'impression qu'à tout moment, sur un simple coup de tête, elle pourrait me réduire en un tas de cendres fumantes. Je déglutis péniblement, je la craignais, j'avais l'impression de n'avoir pas ressenti cela depuis des siècles, j'avais peur. Lentement je tendis ma main vers mon blaster. Réflexe stupide. Très vite, je me rendis compte que je n'étais pas de taille, à trois kilomètres avec mon fusil, j'avais une chance d'en réchapper, mais ici, avec pour seule aide mon pauvre blaster, j'étais nu et désarmé. Je ne pouvais qu'attendre. J'inspirai profondément et tentais de me calmer pendant le temps que dura cet échange de regard.
Ce furent parmi les instants les plus longs de toute ma vie, j'étais seul, debout à défier du regard ces deux brasiers étincelants. Puis soudain, elle se leva, je crus mon dernier instant venu, je retins mon souffle, elle agrippa un vase à sa portée et l'éclata à terre. Cela sembla la calmer, ses traits se radoucirent aussi vite qu'ils s'étaient contractés, sa colère s'était dissipée en un instant.
"Il a donc révélé son véritable potentiel." Elle me regarda alors à nouveau droit dans les yeux et me dit d’un petit ton taquin. "La mort est la seule récompense des faibles." Puis elle reprit, son petit sourire revenu comme si les quelques instants qui avaient précédé n'avaient jamais existé. "Je les ferai incinérer dans les fours de la prison et ainsi se terminera cet égarement." Puis plus à elle même qu'à moi, elle ajouta "Les autres en prendront sans doute une quelconque leçon.
- Les gardes se sont déjà chargé de l'incinération, Excellence." Entre autre chose, j'avais appris des soldats de la prison qu'il fallait s'adresser à elle de cette façon, elle sembla apprécier.
"Bien." Elle retourna s'asseoir derrière son bureau.
"Je suppose que maintenant tu attends ta prochaine mission ?"
J'acquiesçai.
"Vas à l'armurerie, prends ce que tu souhaites, un speeder t'attends pour te mener à ta destination."
J'esquissai quelque chose qui se voulait être un salut et sortis de la tente. Une fois dehors j'inspirai à plein poumons, toute la tension retomba d’un coup, je faillis exploser de rire, je m'en étais sorti. L'apprenti était mort, la padawan était morte et j'étais en vie, j’avais gagné. Je regardai autour de moi, les couleurs semblaient plus vives, les soldats plus souriants. Je fus surpris par la position du soleil, je m'attendais à ce que plusieurs heures se soient écoulées cependant seules quelques minutes à peine semblaient s'être égrainées. Je m’étirais fier de moi et partis entre les tentes, m’éloignant par là même de la sith.
Alors que je marchais au hasard dans le camp à la recherche de l'armurerie, je me surpris à repenser à la padawan. Je me revoyais pointer mon blaster vers elle, puis le reste n'était que brume dans mon esprit. Je savais que j'avais tiré, je savais que je l'avais tué, mais tout cela me mettait très mal à l'aise. J'avais du mal à comprendre ce que je ressentais, était ce des remords ? C'était différent de ceux que j'ai déjà ressenti, de plus j'étais persuadé de m'être débarrassé de ce poids depuis longtemps déjà, non, cela devait être autre chose. Je me rappelai ses cheveux courts d'un noir de jais, ses yeux verts étincelants, ses ... Je secouais la tête, elle était morte, pourquoi me laisser envahir par ces souvenirs ? Je grommelai et repris mon chemin en tentant de ne plus penser à elle, ce dont je parvins pendant les quelques minutes qu'il me fallut pour trouver le chemin de l'armurerie.
L'armurerie différait du campement en tout point, aussi organisé que l'autre était chaotique, aussi fournie que l'avant-poste était vide, toutes ces armes attendaient patiemment que quelqu’un vienne afin de s’en servir. Je flânais un moment parmi les caisses de munitions diverses et faisais mon choix sous l'oeil suspicieux des gardes qui m'avaient laissé le passage de mauvaise grâce. Je changeai mon fusil pour l'un de ceux qui se trouvaient là, il m'avait tout de suite attiré et à la grimace que fit l'un des gardes, je compris qu'il ne s'agissait pas d'un modèle de base. Je pris ensuite quelques grenades, les grenades électromagnétiques m'intéressaient tout particulièrement, mais aussi un dispositif incendiaire, quelques flash-bang, et de petits gadgets intéressant dont certains dont je ne connaissais même pas l'utilité. Pour finir, j'optais pour une combinaison de combat légère qui ne générait pas mes mouvements tout en en m'assurant une certaine résistance. Je préférais ne pas prendre de casque, ne souhaitant pas limiter mon champ de vision.
Finalement armé de mon nouvel équipement gracieusement offert par mon nouveau seigneur, je partis à la recherche du speeder que je trouvai assez rapidement. Je montai dans un grand véhicule à deux places, le pilote m'adressa à peine un regard et sitôt à bord, il démarra. Il ne tenta pas de me parler durant tout le trajet, ce qui me convint, je n'étais pas moi même des plus loquace et je n'avais pas pour ambition de le revoir une fois le trajet fini, cela était mieux ainsi. Je laissais alors divaguer mon esprit, diverses pensées m’envahirent tandis que le paysage défilait autour de moi. Tous ces immeubles abandonnés, certains réduits à l’état de ruine, des tas de gravats, une ombre dans un coin, un rat qui détala. Je me rappelais quand nous les chassions pour nous nourrir, je soupirai, tout ceci était passé, Bygg était mort et Mitsi … Mitsi se débrouillerait mieux sans moi de toute façon. Un frisson me parcourut, je devais l’oublier, je l’avais oublié, j’étais un simple mercenaire au service d’une sith, Mitsi vivra sa vie et moi je vengerai Bygg, c’était un bon partage, je tuerai les combattants, les civils qui profitent de cette paix imméritée par le sacrifice d’innocents comme Bygg, les hommes, les femmes, les soldats, les jedi … l’image de la padawan me revint, ses yeux verts inexpressifs, vides, sa bouche, sa si jolie bouche … je secouai la tête. Non, elle aussi je devais l’oublier, elle était morte, c’était finie, je l’avais tué, elle n’était pas la première et était très loin d’être la dernière, je ne devais pas commencer ainsi et garder leurs visages, cela me détruirait, je le savais je le sentais … Bygg, c’était de Bygg dont je devais me souvenir, Bygg qui c’était sacrifié pour non sauver, les soldats qui l’avaient emmener, le soldat qui avait voulu nous exécuter, la fouine qui nous avait dénoncé, la fouine que j’avais tué. Je me mordais la joue. Mitsi, mon faux père, la padawan … Je devais me concentrer, penser à autre chose.
J'inspirais et tentais de me calmer, lorsque soudain je discernai un bâtiment qui jusqu'alors m'était totalement étranger, un spatioport, une distraction arrivée au bon moment pour me sortir de mes réflexions. Un gigantesque trou avait été creusé dans la forêt de gratte ciels et là, des vaisseaux d'une taille impressionnante entraient ou sortaient, divers speeders chargés de conteneurs voyageaient d'un point d'attache à un autre, transférant les chargements vers des vaisseaux de taille plus raisonnable qui partaient ensuite à divers endroits de la planète. Mon pilote passa à côté des points d'ancrage des mastodontes m'emmenant plus avant, il me déposa devant l'entrée de ce qui ressemblait à une immense grotte métallique. J'y pénétrai, sans un regard vers mon chauffeur qui quant à lui ne prit guère le temps de s'attarder pour me souhaiter au revoir. J'entrai dans une vaste salle arpentée par une foule de gens, tous visiblement très occupés qui passaient devant moi en me remarquant à peine. Toutes ces personnes qui grouillaient autour de moi, elles avaient toutes une occupation toute une raison d’être ici, un but à atteindre. Quant à moi j’étais là, à attendre, je me demandais pourquoi être allé jusqu’ici, pourquoi avoir fait toutes ces choses, je ne savais même plus ce que je voulais, seulement me venger, fuir Raxus, tuer, tout cela se mélangeait dans ma tête. La seule chose qui était sûr était que le cube m’avait amené ici, le cube m’avait sorti de mon dépotoir, il devait avoir une raison, un but, je n’avais qu’à attendre qu’il me soit révélé, que la fille me parle à nouveau à l’oreille. C’est alors qu’une voix me sortit de ma rêverie.
"Tu es en retard."

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MessageSujet: Re: Gamil, le Loup argenté   Jeu 24 Sep - 12:25

Chapitre 7 : Le vaisseau




Je me retournai. L’homme mesurait une tête de plus que moi, il m’accorda à peine un regard. Les cheveux noirs comme la nuit, la peau à peine moins sombre, la bouche barrée d’une cicatrice, il partit fendant la foule, je le suivis.
Il me conduisit à un hangar, un vaisseau de taille impressionnante, quoique ridiculement petit face aux mastodontes que l’on pouvait voir devant le spatioport, en occupait une grande partie. Nous pénétrâmes à l’intérieur, sans plus de considération pour moi, il alla jusqu’aux commandes, s’assit et me gratifia d’un ‘J’aime être seul quand je pilote.’ Je sortis donc et entrepris d’explorer le vaisseau.
Il comptait en tout une dizaine de pièce, la plus grande étant la salle des machines. Une pièce de stockage était encombrée d’un certain nombre de caisses. Je découvris également une infirmerie de fortune, une salle de conférence pour tout au plus 5 personnes et finis par arriver aux dortoirs. J’entendis des pas derrière moi, je me retournai une main sur mon blaster.
« Sois pas si nerveux. »
J’étais tétanisé, une jeune fille aux cheveux noirs de jais me regardait d’un air goguenard, mais la vue de ses traits me fit paniquer, car j’y reconnus ceux de la padawan que j’avais tué. Comment cela se pouvait-il, comme avait-elle pu ? M’avait-elle manipulé, j’avais entendu parler des tours des jedis en était-ce un, étais-je allongé dans la prison plongé dans une illusion, ou revenait-elle d’entre les morts afin de se venger ? Je restais là indécis sur l’action à réaliser, à la regarder les yeux ronds. Le pilote entra alors dans mon champ de vision, je ne l’avais pas entendu venir, ce n’était pas normal.
« Arrivée dans 6h, je vais dormir. »
La fille acquiesça, il me bouscula et alla se coucha. Je le regardais perdu, pourquoi n’avait-il pas réagi, était-il avec elle ?
« Voilà donc Ragor, notre pilote, particulièrement loquace. »
Je devais agir, je ne savais à quel jeu elle se livrait mais je n’aimais pas ça, je me retournai vers elle, prêt à me jeter sur elle couteau à la main. Et soudainement mon geste s’arrêta. Ce n’était pas la padawan, elle lui ressemblait beaucoup, elle était jeune, brune, mais leur visage différait, ce ne pouvait être elle, à y regarder de plus près, je ne voyais pas comment j’avais pu les confondre, pas le même nez, pas le même regard, non, ce n’était pas elle, j’avais été stupide, je ne devais plus y penser. Pourtant je n’y arrivais pas, elle restait là, elle ne voulait pas disparaitre. La fille quant à elle, la vraie fille continuait de parler.
« Du coup, moi c’est Vhrym, l’apprentie de notre seigneur et maîtresse. Tu l’as déjà vu je crois, elle a dit que tu conviendrais, c’est pas grand-chose mais venant d’elle c’est déjà pas mal. Au fait t’as quoi, t’as pas l’air d’aller super … »
Une gamine, encore et toujours, j’avais autre chose à faire que de supporter ce flot verbal, c’était épuisant et inutile et j’avais d’autres problèmes en tête.
« Ça va, besoin de repos.
- T’as l’air d’être un grand bavard toi aussi.
- Je fais ce que je peux …
- Ok … Bah je vais te laisser dormir … »
Elle s’en alla penaude, je n’étais pas fatigué, cependant je doutais de pouvoir me balader dans le vaisseau sans à nouveau retomber sur elle, je pris donc une couchette au hasard et m’y allongeai. Est-ce que la sith m’en voudrait si un autre de ses apprentis mourrait, à voir. Cette gamine m’exaspérait déjà malgré le peu de temps passé ensemble et pas seulement pour sa ressemblance avec la padawan, même si une part importante de ma rancœur venait de là.
Je ruminai encore un moment avant de m’endormir.
J’eus du mal à m’endormir, le sommeil me fuyait et quand je parvins enfin à l’étreindre ce ne fut que pour y retrouver la padawan qui me fixait de ses yeux perçants et quand je réussis à la faire disparaître, Mitsi prit sa place, il me demandait pourquoi je l’avais tué, mais il n’était pas mort, je le savais, je le sentais, il ne pouvait être mort, il était encore en vie, je l’avais laissé encore en vie, seul, sans arme, sur Raxus, je lui disais. Alors le passeur arrivait, il emportait Mitsi, mais je savais que ce n’était pas possible, que le passeur était mort, pourtant le passeur l’emmenait et Mitsi hurlait, il avait besoin de mon aide, je devais l’aider, mais je ne pouvais rien faire, je lui dis que j’étais désolé, que c’était mieux comme ça, que je devais y aller, pour Bygg, mais Bygg était mort, Bygg était mort, Mitsi était vivant.
Je me réveillai en sursaut, percutant avec force une surface dure qui couina un ‘aie’. Je mis quelques secondes à reprendre mes esprits, Vhrym était à côté de moi et se massait le front, elle me regardait d’un air curieux.
« Ça va ?
- Pourquoi cela n’irait pas ?
- T’avais l’air agité …
- Eh bien ce n’est pas le cas »
Elle n’avait pas l’air persuadée, mais je m’en fichais éperdument, j’avais seulement envie qu’elle me laisse tranquille.
« Laisse-moi dormir. » Je m’enroulais dans mes couvertures et lui tournais le dos.
« On est bientôt arrivé. »
Le vaisseau tout entier vibra.
« Et on est pas vraiment les bien venus, alors ramène toi. » Elle sourit puis fila.
A la deuxième secousse, je décidai qu’il valait mieux que je l’écoute. Je sortis du lit, ramassai mes affaires et sortis de la pièce. Je trouvais Ragor aux commandes du vaisseau.
« Rends toi utile, va aux tourelles. »
Je n’avais absolument pas la moindre idée de là où pouvait se trouver les tourelles, mais mieux valait errer dans le vaisseau que de rester dans le cockpit avec Ragor, alors je m’éclipsais. J’essuyais encore quelques secousses, jusqu’à ce que l’une d’entre elle me fasse tomber dans un trou de deux mètres de haut que je n’avais pas remarqué dans un coin de la soute, j’atterris sur les fesses en grognant, devant moi un siège, une baie vitrée et l’espace. Trouver la tourelle avait été plus facile que je ne le pensais, l’utiliser semblait plus complexe, un certain nombre de boutons s’alignaient devant moi. Après plusieurs essais infructueux, je finis par trouver comment activer le système, faire pivoter la tourelle, bouger les canons et même tirer, fier de moi je parcourus le vide stellaire à la recherche de cible potentielle. Je sentis un poids sur mon épaule, je sursautais, Vhrym éclata de rire.
« C’est bon, Deadeye, on a réglé le problème, plus besoin de tes talents.
- Je ne m’appelle pas Deadeye … » Cette remarque pourtant pleine de bon sens ne la fit rire que plus, me laissant perplexe. Mais elle avait raison, nous étions seuls dans l’espace hormis quelques débris, je soupirai, me relevai et remontai. L’apprentie me suivit.
« Ragor va se poser dans une clairière, il va tenter de camoufler notre arrivée, on va essayer d’être un peu discret même si ça a mal commencé … »
J’acquiesçai, j’avais juste envie qu’elle se taise.
« Il nous dépose et ensuite il va se trouver un coin tranquille en attendant de nous récupérer après la mission. »
Etonnamment elle avait beau parler elle ne semblait pas pressée de me dire en quoi la mission consisterait, je m’arrêtai soudainement.
« Ragor ne viendra donc pas avec nous ?
- Bah non, comment tu voudrais qu’il pilote le vaisseau s’il vient avec nous … Réfléchis un peu. »
Seul avec la gamine, j’espérais autre chose qu’une mission de baby-sitting.
« Je vois … »
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Mitsimraith



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MessageSujet: Re: Gamil, le Loup argenté   Ven 12 Jan - 14:17

Chapitre 8 : La jungle


Nous errions dans la jungle depuis trois jours. Trois jours entiers à marcher, manger et dormir au mieux dans la pénombre. Diverses créatures grouillaient partout et plusieurs fois nous dûmes nous cacher de patrouilles que Vhrym était la seule à repérer. Nous tournions en rond, le paysage ne changeait pas, le temps semblait fixé dans cette atmosphère suffocante de chaleur et d’humidité. Malgré cela, Vhrym gardait son teint et son enthousiasme intacts à mon plus grand désarroi. Nous ne pouvions faire de feu, de peur d’attirer d’hypothétique patrouille, pourtant ce danger ne l’empêchait pas de monologuer avec moi. Cette espèce de diarrhée verbale que mon mutisme ne parvenait pas même à ralentir me donnait la nausée. Depuis trois jour, je devais m’infliger ce traitement, incapable de répliquer quoi que ce soit, bloqué dans mon statut de simple soldat face à un gamine arriérée qui pourtant m’était supérieure hiérarchiquement parce qu’elle pouvait déplacer des cailloux sans les toucher.
Heureusement, son flot continu de parole devenait lentement un bruit blanc duquel je parvenais avec bonheur à faire abstraction par moments. Je laissais alors mon esprit vagabonder. Mais très vite ces instants finirent par devenir plus pénibles que les babillages sans intérêt de l’apprentie, sans cesse mes pensées revenaient vers la padawan, vers Mitsi et vers Bygg. Je me sentais responsable d’eux. À tel point que je l’entendais même dans le bruit blanc qui perturbait la tranquillité de la jungle à l’entour. Ce qui fatalement me ramenait à la pénible réalité, je marchais au côté de la gamine la plus insupportable que j’ai jamais connu de ma vie.
‘Nan, mais je te dis ça, parce que t’en parle souvent quand tu dors, ça devient assez dérangeant. Je sais pas qui c’est ta Mitsi, mais tu devrais arrêter de te torturer avec elle.’
Je devins blanc. Je parlais donc dans mon sommeil, je n’aimais pas cela, j’aimais encore moins qu’elle soit là pour l’entendre.’
‘Il fait parti de mon passé, un passé révolu.
- Alors c’est un mec, je t’imaginais pas comme ça.’
Elle m’exaspérait. Toujours stupide, elle s’imaginait spirituelle.
‘C’est mon frère.
- Et tu l’as lâché, je t’imaginais pas comme ça, mon Loulou. Je peux t’appeler mon Loulou ?
- Non.’
Je ne comptais plus le nombre de fois où elle avait tenté de me donner un sobriquet stupide. Elle était même parvenu à m’arracher mon véritable nom, ou plutôt les deux Erak et Gamil, elle ne comprenait pas que Gamil puisse être un surnom pour un homme qui s’appelait Erak, mais je n’y pouvais rien, je n’étais pas encore habitué à mon nouveau pseudonyme et le véritable m’avait échappé dans un moment de colère.
‘Gamilou alors ?
- Non.’
Je crois que cela la faisait rire, ce qui me ferait rire moi ce serait de sortir mon blaster et de lui tirer entre les deux yeux. Mais je doute qu’une deuxième histoire de suicide soit crédible malheureusement. Les siths ne m’ont pas l’air des plus malins, mais il y a des limites à tout. Nous continuions ainsi notre marche dans la forêt jusqu’à arriver en haut d’une gigantesque falaise. La jungle s’ouvrait à perte de vue devant nous, et perturbant la monotonie de ce paysage tropical, un temple se dressait fièrement à quelques kilomètres de notre position. Cela semble réjouir Vhrym, sans doute était ce là notre but. Pour ma part je fis preuve de bien moins d’enthousiasme, car aux abords du temple avait été dressé un campement qui bien que monté à la hâte semblait assez bien fortifié. Cela n’augurait rien de bon. Nous retournâmes dans la pénombre de la jungle avant d’être vus du campement. Vhrym décida que nous prendrions un peu de repos avant de profiter du couvert de la nuit pour descendre la falaise. L’idée ne me motiva que peu, je n’avais malheureusement pas assez de filin pour pouvoir descendre en rappel, il faudra le faire à l’ancienne, ce qui ne me plaisait pas.
La descente fut plus pénible encore que ce à quoi je m’attendais. Les prises étaient nombreuses, mais poisseuses de mousse et d’humidité, une grande quantité d’oiseaux avaient décidés de faire leur nid dans les crevasses de la falaise défendant férocement leur progéniture de toutes les agressions même imaginaires, sans oublier les araignées plus grosses que mon poing et dont la morsure était particulièrement douloureuse qui pullulaient un peu partout. La descente me prit toute la nuit, Vhrym passa tout le temps à râler et à se moquer de moi, réussissant ainsi à rendre cette épreuve plus pénible encore. Mais le pire reste que je faillis tomber, je me sentis partir, plonger dans ce vide béant sans aucune chance d’en réchapper, et Vhrym me rattrapa, elle me sauva la vie et cela, jamais elle ne me laisserait l’oublier. Mourir eut été oh combien plus doux.
Après un court repos et quelques kilomètres passés à supporter la jouissance de ma compagne de route quand à la grandeur de son acte, nous arrivâmes devant le camp occupé par une véritable petite armée. Des véhicules blindés, des soldats équipés d’armes lourdes, et même quelques snipers, effectuaient des rondes régulières autour du temple. Des barrières rudimentaires en bois local fermaient le périmètre ponctué régulièrement de tourelles. Vhrym me regarda toute excitée.
« Voilà.
- Voilà quoi ?
- On y est, y a plus qu’à entrer.
- Et on entre comment ?
- On verra bien.
- On verra bien !? Je doute que ces gens nous laissent voir grand-chose avant de nous tirer dessus.
- T’es bien trop pessimiste, tu me couvres. »
L’espace d’un instant, je crus qu’elle voulait attaquer de front, j’envisageai alors sérieusement de l’abandonner là et de me cacher en attendant qu’ils la tuent. Cependant elle préféra une approche plus discrète, se glissant avec une grâce féline d’ombre en ombre avant d’arriver au niveau de la barrière. Il est difficile voire impossible de couvrir discrètement quelqu’un avec un fusil sniper qui retentit à chaque tir, je décidais donc de la suivre aussi discrètement que possible, bien qu’après elle je passais pour un rancor unijambiste. Lorsque je traversai la barrière, elle cachait le corps d’un sniper qu’elle venait de tuer. Heureusement, malgré le nombre impressionnant de troupes, la surface à surveiller les obligeait à se disperser, nous parvînmes ainsi à l’entrée du temple en réussissant à cacher notre présence. Mais arrivés à l’entrée, la discrétion n’était plus de mise. Une quinzaine de garde gardaient la grande porte qui était le seul passage donnant accès à notre objectif. Vhrym chargea sans même me consulter. Plusieurs gardes périrent sans même comprendre ce qui leur tombait dessus, malheureusement pour eux, ils n’avaient aucun endroit où s’abriter, j’épaulais mon fusil et les visaient et les uns après les autres ils tombaient. La gamine en furie attirant toute leur attention, je n’étais pas même sûr que l’un d’eux me remarqua. La fillette en sortit simplement avec une légère blessure à l’épaule, dommage. Nous pénétrâmes alors dans le temple avant que les renforts n’arrivent, peut être parviendrions nous à les semer dans le dédale qui s’ouvrait devant nous, de toute façon avec une armée à nos trousses, nous n’avions d’autre choix que d’avancer.

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